samedi 29 avril 2023

Nécrologie de Maxime Brienne 1886-1926 par Charles Maurras






 Nécrologie de Louis Bardet dit Maxime Brienne par Charles Maurras publiée dans le journal L'ACTION FRANCAISE.

Quelques renseignements intéressants sur sa carrière d'homme de lettres, journaliste, chansonnier et militant royaliste..

Toutefois Louis Bardet n'était pas né dans l'Aube mais dans le Doubs à Vuillerfans le 12 décembre 1886, fils de Louis Joseph Alfred Bardet et de Marie Victorine Alexandrine Jeanne Rouilliot. Il a passé son enfance dans l'Aube à Brienne le Château où son père était juge de paix et proche de Brienne la Vieille, berceau de la famille Rouilliot.

Louis Bardet avait épousé le 10 juin 1919 à la mairie du 6ème arrondissement de Paris, Anne marie Jehanne Gibelin. , ses témoins étaient Léon daudet, Charles Maurras et son cousin Charles Bardet.


Son décès à Montrouge,  le 4 mai 1926, en son domicile, 42 rue du Marché, fut déclaré par son frère cadet  Marcel Henri Bardet, professeur d'agriculture à Langres dans la Haute-Marne.

lundi 24 avril 2023

Une analyse récente de la chanson royaliste de Maxime Brienne pour le texte et de René de Buxeuil pour la musique

 

Parallèle inattendu entre La Marseillaise et La Royale


Par Bernard Maurin*.

Une chose me trotte dans la tête depuis assez longtemps : la musique de la Royale, hymne royaliste, se veut une anti-marseillaise ! Quant à l’opposition des paroles, c’est évident.           

Voyons un peu, et commençons d’abord par quelques rappels :

La Marseillaise (initialement « Chant de guerre pour l’armée du Rhin ») a été écrite, paroles et musique, par Rouget de Lisle, dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 à la suite de la déclaration de guerre de la France à l’Autriche du 20 avril 1792. Un exemplaire du chant dédié à l’armée du Rhin parvient à Montpellier entre les mains de François Mireur, volontaire du bataillon de l’Hérault. Mireur gagne Marseille. A la fin d’un banquet, il interprète le chant qui est repris par l’assistance électrisée. Lequel, volant de ville en ville, est entonné par les bataillons de fédérés marseillais. Il est repris  en juin 1792 à l’entrée de ceux-ci dans Paris. Il est enseigné sur les places publiques et se répand à toute vitesse. Appelé tout d’abord « hymne des marseillais » il deviendra « La Marseillaise ». Les Blancs (royalistes vendéens) en chanteront une parodie, sur le même air mais sur des paroles royalistes en 1793, pour justement surprendre les Bleus. Cette Marseillaise est déclarée « chant national » le 14 juillet 1795 (26 messidor an 3) jusqu’en 1804, puis abandonnée sous l’Empire, la Restauration et le second Empire. Elle est ensuite redevenue « hymne national » en 1879 sous la 3° république, au cours d’une séance présidée par Gambetta à l’assemblée, ce qu’elle est toujours restée (nos enfants l’appellent « la chanson du foot », et mon arrière grand-mère l’appelait « une vilaine chanson qui a tué beaucoup de monde »). L’Histoire montre donc qu’il s’agit d’un chant essentiellement républicain.

La Royale (ou « Marche des camelots du Roi ») a été écrite dans le 3 juillet 1920 par Maxime Brienne (1886 – 1926) pour les paroles et par René de Buxeuil pour la musique. De son vrai nom, René de Buxeuil s’appelle Jean-Baptiste Chevrier (1881 – 1959). Il deviendra aveugle en 1892 suite à un coup de carabine donné par un camarade. Les paroles, de Maxime Brienne donc, sont une apologie naturelle de la monarchie française, historiquement parlant (« Les Rois ont fait la France, elle se défait sans Roi »). On sait que l’Action Française, au départ de droite, mais républicaine, est devenue farouchement royaliste grâce à Maurras, après longue réflexion, au début du XX°s. La Royale est l’hymne officiel de L’Action Française. On voit déjà la grande antinomie entre les deux hymnes, ne serait-ce que dans les paroles.

Ces rappels étant faits, voyons maintenant la musique, ce que chacun, même non solfégiste,  comprendra, ne serait-ce que visuellement.

Tout d’abord, notons une similitude complète du rythme, au début, la suite étant très ou assez analogue.

La Marseillaise :

         

et La Royale :


           

On pourra objecter que c’est un rythme de marche dans les deux cas. Mais l’Internationale aussi, et ce n’est pas le même rythme, car celui-ci connaît pas mal de variantes. Or, là, on trouve une similitude complète, au début du moins. Certes, ce sont dans les deux cas des octosyllabes, allitérant ou rimant. Mais tout de même, le hasard est ici bien peu invocable !! (l’Internationale emploie des hexasyllabes, rimant). La similitude rythmique du début semble donc bien voulue.

Voyons maintenant la mélodie. On est assez surpris de voir que le début est exactement le contraire dans les deux cas !! Qu’est-ce que le mouvement contraire, en musique, employé par de nombreux compositeurs ? Si le mouvement normal monte, le mouvement contraire descend et vice-versa. La Marseillaise monte d’abord de trois intervalles, puis descend de deux, alors que la Royale descend d’abord de deux intervalles, puis monte de deux. C’est pratiquement le contraire ! Voyons avec la musique, même si le lecteur ne sait pas la lire  : voici le début de La Marseillaise :

 

 

Remarquons au passage le trait de génie de Rouget de Lisle : il subvertit un schéma mélodique ultra connu (ré sol la si) en ré sol la ré, formant trois sons au cycle des quintes, ou tritonique, faisant archi-archaïque, et marquant la mémoire, ce que l’on ne trouve pas dans la Royale. Personnellement, je ne suis pas d’accord avec les musicologues qui s’extasient devant le deuxième thème du concerto pour piano de Mozart en Ut M (I°, K. 467) de 1786, comme prémonition de la future Marseillaise. Mozart emploie un schéma mélodique archi-connu et stéréotypé, employé par de nombreux compositeurs (tout le monde se rappelle de « Plaisir d’amour »), sans qu’on y voie un « avant-coureur » musical de la future Marseillaise, même s’il y a ici une certaine ressemblance.

Voyons la Royale maintenant :


                                                                                  

            On y revoit, avec les notes, la similitude rythmique, la suite étant différente. Mais mélodiquement, tout de même, on a au début vraiment le mouvement contraire ! On a dans le premier cas :

                                                           ↑ puis  ↓

                                                           ↑          ↓

                                                           ↑

            et dans le second :

                                                           ↓

                                                           ↓

                                                                    puis   ↑

                                                                              ↑

Résumons : similitude complète de rythme et mouvement contraire  mélodique ! Bien que je n’aie pas trouvé de traces de cette antinomie musicale, je pense que cela ne peut pas être fortuit, mais intentionnel, les faits musicaux le prouvant suffisamment.           

En conclusion, on peut bien dire que la Royale est une « anti-Marseillaise », tant pour les paroles, que pour la musique.  ■ 

* Passionné de musicologie.

samedi 22 avril 2023

Maxime Brienne , pseudonyme, de Louis Bardet, journaliste, chansonnier royaliste, fils du juge de paix, historien, Alfred Bardet.

Louis Bardet 1886-1926, fils du juge de paix de Brienne le Château a fait une carrière de journaliste, chansonnier. Il fut l'un des animateurs de l'Action française aux côtés de Léon Daudet de de Maurice Barrès.

Il était  l'un des descendants de la famille Rouilliot, Joseph Victor Rouilliot maire et garde-port de Brienne la Vieille, son fils  Alexanddre Rouilliot  exerça les mêmes fonctions, et sa petite-fille Marie Victoire Alexandrine Rouilliot, née le 17 mars 1852 épousa le 18 novembre 1879 à Brienne la Vieille Alfred Bardet.

 L'un des témoins cité dans l'acte de mariage était son oncle  Hippolyte François Rouilliot, qui fut l'éphémère mari de Louisa Lamotte 1848-1907, née à la Nouvelle Orléans, qui fit une carrière mouvementée d'enseignante en France.

Le couple Bardet-Rouilliot a eu 3 enfants,  une fille et deux garçons Louis Bardet 1886-1926, Marcel Bardet 1893-1986 ingénieur agricole  et Noélie  Bardet 1889- ...épouse de  Antonin Nicolas Libaud 1890-1956.
 

vendredi 24 février 2023

Robert Auguste Coupet,, flotteur, marinier de Brienne le Vieille 1852-1877

 

Vie et décès d'un jeune flotteur, marinier, né à Brienne la Vieille en 1852, décédé à Bressuire Deux Sevres alors qu'il était soldat au 135eme de ligne en 1877.
Robert Auguste Coupet, membre d'une famille de mariniers.
Son souvenir est encore présent pour quelque temps avec sa tombe.
 
 
 
 Monument funéraire Brienne la Vieille
 

Acte de décès de Robert Auguste Coupet, soldat au 135ème de ligne, Bressuire eux Sèvres
 
 
Acte de naissance de Robert Auguste Coupet 


  Extrait du recensement 1872 Brienne la Vieille
 
famille Coupet, père, mère et fils

mercredi 9 novembre 2022

Jules Roy visite à Lévigny 1967 suite


 

A Lévigny, beaucoup d’autres Dematons, laboureurs, tisserands, manœuvriers, fendeurs. C’est la veuve de Paul Guéritte qui habite le presbytère, vendu en 1944. Elle avait déjà dépassé la trentaine quand je venais à Lévigny. Elle était belle et j’étais un peu amoureux d’elle. A présent, elle laisse voir sa denture en ruine. Sa sœur, de Fuligny, une Messiaen comme elle, nous dévorait des yeux, Tania et moi, et me fouillait de questions. Nous avons parlé de leur neveu, Olivier Messiaen, le fils de leur frère Pierre, le professeur, et de Cécile Sauvage. Elles ont conscience que cet étudiant si modeste est devenu un musicien célèbre, un génie très grand, et n’ont pas paru étonnées que j’aie conservé toutes les lettres que nous nous écrivions à cette époque où nous étions presque condisciples, mais sans son talent ni ses chances, quand j’allais souffler pour lui l’orgue de l’église de Bar-sur-Aube.

Quant à la petite maison que le père de mon père avait construite sur la place, que mon père avait rachetée à sa mort quarante-cinq-mille francs et où nous passions nos vacances, elle s’écaille doucement et, avec son jardin clos de murs surhaussés d’une grille, ressemble à une épave échouée dans un port.

mardi 8 novembre 2022

Jules Roy, visite à Levigny en 1967


  

22 août 1967

D’un voyage à Lévigny (Aube), village natal de mon père, où nous avons passé la journée d’hier et dont je suis revenu assez ému, le plus étonnant me semble que Tania y ait reçu une sorte de coup de foudre. Rien n’a changé là-bas, qu’une ligne électrique de poteaux en ciment, qui coupe la plaine entre Lévigny et Vernonvilliers. Il n’y a pas une maison de plus dans ce pays déshérité que les touristes n’envahissent pas, qui se dépeuple et meurt lentement. Tout à coup, Tania s’y est plu. A cause des horizons peut-être, mais surtout de la solitude des champs immenses, du vent qui doit balayer ces croupes ra  ses, de l’âpreté de la vie. Pour moi, ce qui m’a surpris, c’est qu’après plus de quarante ans on se souvienne encore là-bas de l’adolescent que je fus, et la gentillesse des gens. Partout, ils ont paru heureux de nous voir et nous ont fait bon accueil. Alors si vraiment c’était la terre de mes ancêtres ? Si, à présent que l’Algérie est devenue un ancien paradis enseveli sous les eaux, c’était là que je doive m’enraciner ?

 

Quelques coups de pioche dans les archives de la commune, mais tant de Dematons sont venus à la surface, alors qu’au cimetière une seule pierre dressée et prête à tomber garde trace de leur nom. J’ai vite renoncé et me suis contenter de noter les origines du père et du grand-père de mon père. Son père : Louis Nicolas Léon Dematons, né le 13 octobre 1834 à deux heures de l’après-midi, de Nicolas Dematons, instituteur, né lui-même en 1800 à Ville sur Terre, et de Catherine Boiteux, son épouse.

A suivre